24/09/2009

Dead Snow



Les nazis font du ski


Le pitch: Une bande d'étudiants en médecine décide d'aller passer les vacances de pâques dans une cabane perdue au fin fond des montagnes norvégiennes. Le premier soir, un randonneur vient leur raconter l'histoire de la malédiction de cette montagne, peuplée de nazis congelés qui veulent retrouver leur trésor.

Mon avis: Également en compétition pour le Festival International du Film Fantastique de Strasbourg, ce film n'a strictement rien à voir avec le précédent: on est là dans la pure tradition du film de zombie, entre le classique « Night of the Living Dead » et le plus récent « Shaun of the Dead », le tout mixé à la traditionnelle sauce du film d'horreur: une bande de djeuns, une bicoque isolée, un peu de sexe, et plein d'hémoglobine. Y en a pour tout le monde: cerveau qui gicle, tête arrachée, intestins qui pendent, écartèlement...le tout arrosé d'une bonne dose d'humour (de plus ou moins bon goût je vous le concède). Selon une des actrices norvégiennes (au nom imprononçable donc ) présente avant la projection, il a fallu 430 litres de sang en tout pour réaliser le film. Yummy. Il n'y a pas grand chose à dire de plus, ce film n'apporte clairement rien de plus au cinéma d'horreur et aux films de zombies, mais si on aime ça, on passe un sacré bon moment.

Pour info, Dead Snow, dont la sortie n'est pas encore prévue chez nous, a remporté le Prix Spécial du Public du Festival.

de Tommy Wirkola avec Charlotte Frogner, Orjan Gamst, Stig Frode Henriksen

20/09/2009

Moon



Take your protein pills and put your helmet on

Le pitch: Après trois ans de bons et loyaux services pour Lunar Industries, fournisseur d'une nouvelle source d'énergie propre, Sam Bell (Sam Rockwell) s'apprête à quitter sa base lunaire pour rentrer sur Terre. Mais à deux semaines de la fin de son contrat, Sam commence à voir et sentir d'étranges choses. Simples hallucinations dues à trois ans de solitude?

Mon avis: C'est dans le cadre du Festival International du Film Fantastique de Strasbourg que je suis allée voir ce film, sorti en mai aux Etats-Unis et pas encore prévu pour chez nous. Je ne suis pas une inconditionnelle de la science-fiction. Of course j'aime les vieux Star Wars, j'apprécie les Retour vers le Futur, j'ai vu un ou deux film par-ci par-là, mais ça s'arrête à peu près là. J'y suis donc allée sans en attendre grand chose. Et suis ressortie de la salle avec un véritable coup de cœur pour ce film. De l'histoire je ne peux pas en dire beaucoup, car ça m'amènerai forcément à spoiler le film. Je parlerai donc plutôt de ce qui va autour. D'abord les acteurs, enfin plutôt l'acteur, Sam Rockwell, interprétant le seul personnage du film. Attachant, c'est le mot qui me vient. On se prend d'affection pour ce type, seul sur sa Lune depuis trois ans et plein d'espoir pour l'avenir, qui voit peu à peu ses rêves lui échapper et l'horrible vérité faire surface, avec pour seul compagnon un robot-porte-gobelet. Le jeu de Rockwell est juste, jamais dans la surenchère. L'autre acteur mais non présent dans le film c'est Kevin Spacey, qui double Gerty, le fameux robot chargé de veiller sur Sam et le protéger, mission qu'il accomplira jusqu'au bout.
Les décors ensuite. On a bien évidement de magnifiques images, de paysages lunaires ou de vues de la Terre. Les décors intérieurs sont très épurés, blancs, et à peine futuristes finalement: pas d'écrans holographiques qui bougent tout seuls à la Minority Report ou ce genre de chose. A aucun moment on ne sait quand se passe l'histoire, mais malgré le côté « on s'est installés sur la Lune », ça pourrait être dans un futur très proche. Car le cadre sociétal est également très proche du notre: la toute puissance des lobbies énergétiques qui réduisent, vous le verrez, au strict minimum la masse salariale en se fichant complètement de l'être humain qui travaille pour eux. Enfin l'ambiance du film est, forcément, lunaire, avec une lumière très présente, et une musique qui nous laisse dans une sorte d'apesanteur. Je pense que c'est pour ça que ce film m'a autant plu: c'est un film de science- fiction réalisé avec « seulement » 5 millions de dollars. L'intérêt ne réside certainement pas dans une foultitude d'effets spéciaux inutiles. Non là les effets sont presque « old school », c'est de la science-fiction hyper réaliste.

Pour la petite histoire, Duncan Jones (le fils de David Bowie mais pour le coup on s'en fou), a présenté son film au festival Sundance pour trouver un distributeur. C'est Sony qui a répondu présent. Il n'y a pas encore de date de sortie française, mais, amateurs de science-fiction ou non, je conseille vivement ce film, qui est avant tout une histoire humaine, touchante et troublante car très envisageable.

de Duncan Jones avec Sam Rockwell, Kevin Spacey

06/09/2009

Inglorious Basterds



Un Américain à Paris


Le pitch: Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille dénichée par le colonel nazi Hans Landa. Shosanna s’échappe de justesse et s’enfuit.
Paris, 4 ans plus tard. Devenue Emmanuelle Mimmieux, elle est propriétaire d'une salle de cinéma.
De son côté, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains, « The Basterds » dont le but est de tuer le plus de nazis possible. Avec la complicité d'une actrice allemande, ils tentent d’éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich lors de l'avant première d'un film de Goebbels. Ce même cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution sa vengeance.

Mon avis:
Hmmm...alors...il m'a fallu deux visionnages pour être certaine de ce que j'ai pensé de ce sixième Tarantino. Verdict: mitigé. On passe un bon moment (meilleur encore la seconde fois) ça c'est indéniable. Parce que c'est un Tarantino donc forcément super musique, réalisation très esthétique, production hyper léchée, et casting prestigieux. Le casting justement, parlons-en. L'acteur principal, Christoph Waltz dans le rôle du nazi Hans Landa, est quand même inconnu au bataillon à moins que vous ne soyez fan de Derrick et autres Tatort...et bien il nous fait là une sacré performance! Calme, sadique, faussement dupe et bourré d'humour, c'est avec un jeu d'une grande finesse que Waltz parvient à rendre son personnage presque aussi attachant qu'il est détestable. Lui et Brad Pitt portent le film, mais pas pour les même raisons. Le personnage d'Aldo Raine est, lui, complètement superficiel. Mais le film ne serait pas si drôle sans ses répliques et son accent du fin fond du Tennessee. Certains pourront trouver le personnage un brin caricatural, mais il ne pouvait pas en faire moins. Le cast des Basterds est pluôt bien senti, chacun est effrayant dans son obsession (le couteau, la batte de base-ball...).
Mais alors pourquoi suis-je mitigée, me demanderez-vous. Et bien, ce qui m'a dérangée dans ce film, ce sont les acteurs et les dialogues français, mise à part la première scène. À la décharge de « Quouentine », je pense qu'il n'est pas évident de produire des dialogues et de diriger des acteurs dans une langue que l'on maitrise mal. Mais quand même. Les échanges entre Shosanna et son copain projectionniste sont d'une lourdeur...et le jeu est, je trouve, très mauvais. Brühl et Waltz dont ce n'est pas la langue maternelle s'en sortent dix fois mieux dans les scènes en français. Mélanie Laurent, qui a pourtant un des rôle principaux, ne met aucune profondeur dans son personnage, qui a pourtant un passé traumatisant. Elle a la plupart du temps une espèce de regard blasé, qui en fait un personnage sans relief. On a connu des vengeresses tarantiniennes plus crédibles. Ces quelques passages ont fait que je me suis retrouvée, à plusieurs reprises, « coupée dans mon élan », ce qui m'a laissé ce sentiment mitigé à la fin de la projection. Quoiqu'il en soit, même si ce n'est sans doute pas son meilleur, Inglorious Basterds est je pense le plus accessible des Tarantino (ma mère a aimé, donc...). Il est certes bourré de références, mais il n'est pas nécessaire de les connaître pour apprécier le film. Vivement le prochain, quand même.

de Quentin Tarentino avec Brad Pitt et Christoph Waltz

03/09/2009

Un Prophète


Petit truand deviendra grand

J'ouvre ce blog sur le film qui pour moi est sans doute, même si elle n'est pas terminée, le film de l'année.


Le Pitch:

Malik, 19 ans, intègre le centre pénitencier de La Centrale et y restera 6 ans. Rapidement, il tombe sous la coupe du gang des corses, qui fait sa loi dans la prison. Malik gagne la confiance de César, leur chef, au fur et à mesure des missions qu'il exécute pour lui. Jusqu'à ce que l'élève dépasse le maître.


Mon avis:

J'ai mis du temps à me décider à aller voir Un Prophète, parce que j'avais peur. Pas peur d'être déçue, ou peur que ce soit trop long, non juste vraiment peur. Parce que je commence un peu à connaître le boulot d'Abdel Raouf Dafri (La Commune, les deux Mesrine), et je sais dans quel état de malaise psychologique il parvient à me mettre. Bref, j'y vais quand même, ça m'a l'air d'être le genre de film à côté duquel il faut pas passer. Mais le film n'a pas encore commencé que j'ai déjà une énorme pression dans la poitrine.


Quinze premières minutes du film: Audiard ne plante pas le décor, il nous plante dans le décor. Pas un plan sans grillage, sans barreau. Même s'il n'a pas été tourné dans une prison, chaque plan, chaque détail du décor nous fait davantage ressentir cette sensation d'enfermement. On se dit qu'on n'est pas prêts de sortir de ce film. Entre en scène Tahar Rahim alias Malik. Même si les origines maghrébines de Malik ont leur importance dans l'intrigue, Audiard a l'intelligence de ne pas en faire un fait social: Malik n'est pas un gamin des cités, n'a pas une ribambelle de « cousins » à l'extérieur, ne jure pas sur La Mecque (ni sur sa mère), et mange du cochon. Le mystère reste entier, tant sur son passé que sur la raison qui l'a amené ici. Avant d'être un prophète, Malik est un profane: la prison, il ne connait pas encore, et subit les « traditionnels » matages sous la douche ou vols de chaussures. Mais une fois sous la protection et au contact de César, le Vito Corleone de Porto Vecchio, il apprend vite. Et mène sa barque, de son côté, pour assurer ses arrières. Une fois la première demi-heure passée, la pression retombe, on rentre dans le rythme du film, on regarde Malik évoluer. Et quand il peut enfin mettre un pied dehors, on se dit que ouf, nous aussi on va respirer un peu. Et bien non. Chacune de ses sorties est un nouvel étau qui se resserre autour de mes poumons. Jusqu'à la dernière, celle de la trahison, mais aussi celle qui le libèrera de l'emprise des Corses.

Ce film, c'est aussi une piqûre de rappel (car qui ne s'en doute pas), sur la réalité organisationnelle et hygiénique des prisons françaises: si on y constate le respect des religions et l'accès à l'éducation, il n'en reste pas mois qu'il règne dans ces endroits insalubres et surpeuplés la corruption, les trafics en tout genre, la violence et l'humiliation.

Enfin, et surtout, on assiste là à l'évidente révélation de Tahar Rahim. Pour les abonnés Canal + comme moi, il n'est pas un illustre inconnu. Dans La Commune, série sur laquelle il a déjà travaillé avec Abdel Raouf Dafri sur le thème de la banlieue, sa drogue, sa promiscuité, ses enjeux politiques, Tahar jouait un jeune banlieusard innocent se laissant peu à peu entraîner dans la violence, d'abord pour protéger sa sœur, jusqu'à devenir un caïd. Là déjà, le jeu était bon. Sorti du cliché du beur de banlieue, Tahar révèle tout son talent, la caméra rivée sur lui en permanence, à l'affut de ses mouvements, des ses regards, de ses murmures. Audiard ne le lâche pas, et le spectateur non plus. On assiste dans ce film à quelque chose de grand. Et Rahim ne nous montre sans doute pas là toute l'étendue de son talent. Reste à espérer pour la suite de sa carrière qu'on lui proposera des films à sa taille.


de Jacques Audiard avec Tahar Rahim, Niels Arestrup